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Une découverte
Château de Pibarnon, Bandol
Difficile d'imaginer que des stars du show-biz empruntent cet interminable chemin terreux, serpentant de Bandol à La Cadière d'Azur, pour rejoindre, après moults vallons et grimpettes empierrées, le domaine de Pibarnon. Gérard Jugnot et Calogero y ont fait le déplacement. Bono, le chanteur du groupe irlandais U2 est aussi un fan averti... Voilà qui en impose, tout à coup.

Amphithéâtre d'émotions
Dans la foison des Côtes de Provence, l'appellation Bandol a longtemps vécu dans la confidentialité, comme pour se départir de voisins parfois encombrants. Certes, on ne peut échapper aux vins de soif lorsque l'on baigne de ce côté-ci de la Méditerranée. Mais le vignoble bandolais, déjà connu dans l'Histoire pour offrir de délicieux nectars, a l'ambition intacte.
Terre de mourvèdre

L'arrivée, au début des années 1990, de techniciens vinificateurs auprès des vignerons locaux a permis d'améliorer la régularité de la production et d'affiner le caractère des cuvées. De brutal, voire revêche, le Bandol rouge, issu pour l'essentiel de mourvèdre, cépage à la maturation lente, a développé des tanins spectaculaires, révélés après une période de garde raisonnable. Si le Bandol a son cépage, il vaut aussi par son terroir. Au moins 50 % du vignoble sont exposés au nord, sur cette Provence calcaire cuisante en été, ce qui le rend intéressant à travailler. On y cherche donc la maturité des raisins à souhait, tout en limitant les rendements.
Coup de coeur

Le vin de Bandol, dont le Château Pibarnon est l'un des fleurons, est puissant, raffiné et non dénué d'élégance. Avec un potentiel de grand cru. Pibarnon, c'est une histoire vieille de vingt-huit ans, qui débuta avec l'arrivée de Henri et Catherine Saint Victor. Séduits par la beauté du site, ils acquirent les 3 hectares de vignes déjà exploités par un Piémontais, Modesto Romagnino, qui accepta de transmettre son savoir aux nouveaux propriétaires. Rapidement, le Château Pibarnon remporte ses premières distinctions et obtient six médailles d'or consécutives au concours général de Paris. Sa réputation est faite.

Une scène de théâtre
Éric Saint Victor, le fils, entre en cave auprès de son père en 1989 et apprend la vinification. Déjà, la surface cultivée a bien changé. Si les quelques pieds originels subsistent, la propriété compte désormais de nouvelles parcelles plantées à flanc de colline, dans l'arrondi d'un amphithéâtre orienté sud-est, façonné avec esthétisme au fil du temps.
Seul maître à bord, Éric est aujourd'hui à la tête d'un domaine de 50 hectares et produit un vin en trois couleurs. Devant le succès de sa production (largement distribué dans la France entière, Pibarnon est aussi présent dans plus de quinze pays), il n'a plus "les mains noires" mais excelle dans la communication, échangeant beaucoup avec ses pairs. Les seuls "privilèges" qu'il s'arroge encore : la prise de maturité des raisins et la conduite des vinifications avec Alexis Cornu, son maître de chai. Sa philosophie : "créer des sensations en bouche avec des vins concentrés mais tout aussi élégants, des vins félins et percutants, sans sacrifier à la finesse." Avec un blanc méditerranéen par ses arômes, un fameux rosé couleur corail et un rouge profond et puissant, Pibarnon connaît la chanson...
La spécificité de Pibarnon

Pibarnon bénéficie d'un terroir particulier par rapport au reste de l'appellation. Assis sur une couche de trias, avec un calcaire très actif au sommet de la colline, le sculptural mourvèdre, "taillé comme un militaire avec ses cheveux en brosse" prend le temps de mûrir. Bien arrosées, les restanques étagées à 300 mètres au dessus du niveau de la mer absorbent l'eau de pluie, tandis qu'une brise marine chasse l'humidité. Résultat : des parcelles très tardives et des vendanges qui peuvent se languir jusqu'à mi-octobre. Cet étalement permet de vinifier par petits lots en y apportant toute l'attention qu'ils méritent.

Les derniers millésimes (rouge)
2001 : Le "latin lover", grande structure et chair magnifique. Puissant et ample, le plus beau des Pibarnon de la décade 2000. à carafer ou... à garder.
2002 : Du fruit, quelques notes de poivre et une pointe de réglisse pour un vin d'une réelle finesse. On peut le boire maintenant.
2003 : millésime solaire, grand charme, jolie minéralité et belle profondeur, arôme de fruits envoûtant. Longue garde.
2004 : Des tanins très mûrs, une bouche ample qui se prolonge grâce à une pointe d'acidité. Superbe. à découvrir mi-2006.
• Lancé en 2003, le second vin de Pibarnon, baptisé Les Restanques, est un vin suave et gourmand, sans muscle apparent pour un plaisir immédiat.


Les vins du Château de Pibarnon
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