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| |  | | Quinze ans de réflexion
Le Châteauneuf du Pape et le Côtes du Rhône de Laurent Charvin sont aujourd'hui des vins reconnus et plébiscités. Un succès qui étonne encore ce traditionaliste de la vigne.
C'est un garçon atypique, à l'image des vins qu'il élève depuis quinze ans. Peu affable, sauf quand la sympathie s'installe, il semble toujours en réflexion, en quête permanente du mot juste. Précautionneux, têtu peut-être, l'homme, comme le vigneron, est aussi captivant que modeste. La preuve : il est "Châteauneuf" mais il serait plus volubile sur les autres vins de toutes provenances qui garnissent avantageusement sa cave.
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Un certain âge d'or
Dans ce mas encore dans son jus, propriété familiale depuis 1851, Laurent Charvin se sent à sa place, pas peu fier de représenter la sixième génération de Charvin. Il faut dire que Laurent, qui a repris le flambeau en 1990, vit probablement l'histoire la plus riche du vignoble de Châteauneuf. "Mes ancêtres réservaient leur vin au négoce parce que Châteauneuf avait une importance toute anecdotique", explique Laurent. "Le vin, le "bon", se faisait dans le Bordelais ou en Bourgogne. Les vins d'ici étaient certes respectés, mais tout ce qui se faisait en dehors du "Château" n'avait aucune considération.".
Sans complexe
L'essor de l'appellation va se produire par la conjonction de plusieurs facteurs : d'abord, des propriétaires sans complexe, comme les fils Perrin à Beaucastel et Aimé et Christophe Sabon à La Janasse prouvent que l'appellation Châteauneuf se mérite aussi "hors territoire", par exemple à Courthézon la voisine. Puis, avec la flambée des prix des vins stars, les amateurs découvrent d'autres régions comme la Vallée du Rhône, plus accessible. Il suffit enfin que l'incontournable Parker cite un Châteauneuf du Pape dans les dix meilleurs vins du monde pour que la réputation du cru s'envole.
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 | | "Je lui appartiens"
Le Domaine Charvin, situé sur la commune d'Orange, en limite nord-ouest de l'appellation Châteauneuf-du-Pape, s'étend sur 24 hectares. Si 8 produisent le fameux Châteauneuf, les 16 autres donnent naissance à un Côtes du Rhône d'un excellent rapport qualité-prix. Quand Laurent Charvin marche dans les pas de ses aïeux, entre ses vignes dont certaines atteignent l'âge canonique de 75 ans, on comprend que jamais il n'a imaginé vivre ailleurs. "Une vigne, c'est intemporel", explique t-il. "Je suis propriétaire de ma vigne mais en fait, je lui appartiens..."
Économiquement sain
Le déclic, pour lui, intervint au cours de ses études de viticulture à Beaune, où il se confronte à "la folie vigneronne". Dégustant et comparant avec passion, il acquiert la certitude que la typicité des Châteauneuf est un atout formidable. De retour en Provence, il forme avec Christophe Sabon, les frères Usselio et quelques autres un noyau de jeunes vignerons dont l'ambition est de faire du vin en toute indépendance. "Je ne suis pas un révolutionnaire", clame Laurent, qui avoue avoir repris un domaine familial "économiquement sain". Son objectif : une mise en bouteille par millésime et par appellation. Adaptant les installations, il investit dans des cuves béton, ajoute 570 hectolitres de stockage, isole et climatise. Après, comme il le soutient, faire du vin, c'est facile...
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Finesse et fraîcheur
C'est clair, Laurent Charvin ne veut pas rentrer dans un moule, sous prétexte de modernité. Son vin a bien le caractère des Châteauneuf mais possède une finesse et une fraîcheur... "de style bourguignon", ce que cet inconditionnel du grenache concède presque à contrecoeur. Gagnant l'estime des professionnels comme des amateurs, millésime après millésime, Laurent Charvin souhaite continuer à représenter un style bien à lui, sans prétention. "Je veux montrer que ma place n'est pas usurpée et que si d'autres me suivent, c'est que je ne me suis pas trompé."
Les vins de Laurent Charvin | |  |
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